Les îles sanguinaires

L’archipel des Sanguinaires (en corse Ìsuli Sanguinarii) se compose de quatre îlots de porphyre d'un rouge sombre à l'entrée du golfe d'Ajaccio. Ils se nomment Mezzu Mare (ou Grande Sanguinaire), des Cormorans (ou Isolotto), Cala d'Alga (30 m) et Porri (31 m de haut). Il faut y ajouter le rocher nu U Sbiru situé entre l'isola di Porri et l'île des Cormorans, et haut de 13 m.

Le phare des Îles Sanguinaires, datant de 1870, est bâti sur le point culminant de la Grande Sanguinaire, à 80 mètres au-dessus du niveau de la mer. Un ancien sémaphore se trouve plus au sud.

ÉCOLOGIE

Site Natura 20002 : caractéristiques par leur aspect austère et hostile, les quatre îlots sont un site maritime classé, havre de paix pour des espèces d'oiseaux marins comme le goéland leucophée et le puffin, ainsi qu'une réserve naturelle pour une flore riche d'espèces rares et endémiques.

Il est rare de trouver une telle diversité sur une surface aussi petite : plus de 150 espèces poussent sur Mezzu Mare. Les îles hébergent certaines plantes rares ou même absentes du reste de la Corse, parmi lesquelles le spectaculaire arum mange mouche. La végétation arborescente, dominée par le lentisque, est basse et adaptée à la proximité de la mer.

Parmi de nombreuses espèces halophiles, la plus répandue est le poireau sauvage, qui a donné son nom à l’île d'i Porri.

ORIGINES DU NOM

Le nom « Sanguinaires », donné à ces îlots, a plusieurs origines ; soit dû à la lumière pourpre qui ensanglante les roches, juste avant le coucher du soleil sur la mer, soit à la couleur des frankénies (Frankenia laevis), petites plantes à fleurs roses dont les feuilles virent au rouge vif en automne, ou aux fleurs roses des nivéoles.

D'autres hypothèses font référence au golfe de Sagone. Des cartes géographiques anciennes font mention des îles « Sagonnaires » (isule sagunarie) nommées par l'évêché de Sagone. Plus tard, des établissements de fortune accueillirent des pêcheurs de corail surnommés i sanguinari (les gens au sang noir), revenant d'Afrique et purgeant leur quarantaine.

Mais une autre hypothèse semble l'emporter. Sur une carte datée de 1595, l'archipel est nommé "Sagonares insulae" soit « les îles qui annoncent Sagone ».

Il est à noter que Jérôme Napoleon Bonaparte voulait y être inhumé.

UN PASSÉ RICHE

De nombreux récits de voyageurs, dont l’un des plus célèbres est celui d’Alphonse Daudet dans les Lettres de mon moulin et intitulé Le Phare des sanguinaires, évoquent des traces de vie dans ces îles farouches.

La présence humaine remonterait au xvie siècle, avec la construction d’une tour génoise, sur l’emplacement du phare actuel.

À l'extrémité sud-ouest se trouve une ancienne tour génoise, la Tour de La Parata, construite en 1608.

En 1806, Mezzu mare devient un poste sanitaire avec la construction d’un lazaret, aujourd’hui en ruine, destiné aux pêcheurs de corail retournant en Afrique.

Le sémaphore, implanté sur le piton central, est mis en service en 1865 et désarmé en 1955. Le phare est automatisé en 1985, date à laquelle le dernier des résidents quitte l’île.